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Obtenir un effet de levier en débloquant le financement privé pour l'agriculture des petits exploitants par le biais de ressources publiques

Le financement mixte consiste à exercer un effet de levier. L'expérience acquise dans les secteurs des infrastructures et de l'énergie montre qu'il peut se révéler efficace. Mais parvenir à obtenir un effet de levier dans le financement des petites exploitations agricoles pose des défis uniques. La structure de financement doit atteindre efficacement un grand nombre de petits exploitants, par exemple par le biais de grandes entreprises de la chaîne de valeur, comme les transformateurs, ou avec l'aide d'applications mobiles (y compris pour les décaissements de prêts et les remboursements). Le remboursement est plus probable si le projet est rentable - ce qui signifie, dans le cas de blending4ag, qu'un grand nombre de petits exploitants, qui se trouvent souvent dans une situation précaire, doivent être aidés pour accroître leur productivité et leur rendement (ce qui implique que des entreprises d'entrants, des agents d'extension, etc., doivent faire partie des structures de blending4ag). Il existe normalement un besoin de fonds de roulement à court terme et de fonds de placement à long terme, ce qui nécessite une combinaison de techniques de financement. Le financement agricole comporte ses propres risques, qu'il faut couvrir idéalement avec des partenaires spécialisés en structures de financement mixte.

Tout cela signifie que les structures de blending4ag peuvent être difficiles à mettre en place et que, étant donné la pénurie de banquiers, de bailleurs de fonds et d'autres intervenants compétents dans les techniques de financement mixte, l'agriculture peut céder du terrain aux secteurs « plus faciles ». La conférence abordera la question des structures et mécanismes « cadres » communs qui peuvent être déployés pour l'agriculture, et de quelle manière il est possible de surmonter des risques et d'autres obstacles en associant différents partenaires publics et privés.

 

Partenariat pour un financement efficace de l'adaptation et de la résistance au changement climatique

Il existe un fort intérêt du secteur public pour le financement de l'adaptation et de la résistance au changement climatique - des centaines de milliards d'euros ont été promis, non seulement par le secteur public, mais aussi par de grands investisseurs (par ex., des fonds de pension) et d'autres bailleurs de fonds. Le secteur de l'énergie utilise, de façon importante, des techniques de financement mixte pour favoriser le financement privé au profit de projets d'énergie durable. Mais, dans l'agriculture, il reste un déficit important entre le financement, qui est disponible, en principe, pour des projets responsables sur le plan climatique, et celui qui parvient effectivement aux petits exploitants.

Les petits exploitants devront agir pour rendre l'agriculture plus durable et résistante, par exemple, en investissant dans des semences résistantes au climat, des projets de serres ou d'irrigation à petite échelle, mais ils ont besoin de moyens pour ce faire. La conférence étudiera les structures qui peuvent mettre ces petits exploitants en relation avec le marché international des capitaux, ainsi que les rôles que les agences nationales et internationales peuvent jouer pour renforcer ce lien (en soutenant les coûts de développement initiaux de ces structures, en les estimant pour que les rendements soient conformes aux référentiels du secteur privé, en absorbant les excès de risque et en comblant les déficits dans le financement disponible, comme la pénurie de fonds à long terme).

 

Dispositifs pour le financement en devise locale dans le financement mixte pour l'agriculture

L'essentiel du secteur agricole dans les pays en développement génère des revenus en devise locale. Pas moins de 90 % des besoins de financement non satisfaits dans le secteur agricole concernent ces producteurs (en revanche, les producteurs de cultures commerciales reçoivent une grande partie du financement dont ils ont besoin de la part des acheteurs et disposent également d'un accès relativement favorable au crédit commercial). Ces producteurs ont normalement besoin de prêts en devise locale. Mais même si les banques et d'autres intervenants étaient davantage disposés à les financer, les marchés de capitaux locaux sont souvent faibles et se caractérisent (par rapport aux marchés internationaux) par une pénurie de prêts à long terme et des taux d'intérêt élevés. L'utilisation de devises fortes, pour consentir des prêts qui sont ensuite remboursés, est risquée, non seulement à cause du risque de taux de change, mais aussi parce que des gouvernements peuvent rendre difficile l'échange de devise locale en devise forte et l'envoi de cette devise forte à l'étranger.

Il existe des solutions à ces deux problèmes - par exemple, la couverture de change et l'assurance contre les risques politiques. Mais ces solutions ne peuvent pas être immédiatement appliquées aux prêts agricoles - une structuration plus poussée est nécessaire. La conférence se penchera sur la façon dont les techniques de financement mixte peuvent permettre un financement en devise forte des agriculteurs qui vendent sur les marchés locaux.

 

La gestion des risques et d'autres structures de soutien dans le financement mixte pour l'agriculture

Le financement mixte vise à aider les bailleurs de fonds privés à atteindre un rendement acceptable, étant donné le risque du financement (un prêt, une obligation ou un investissement). Cela peut se faire par simple mélange de capital (si un investissement procure un rendement de 12 % et que le bailleur de fonds public est prêt à accepter un rendement de seulement 6 % sur sa moitié de l'investissement, alors le bailleur de fonds privé peut obtenir un rendement de 18 % sur sa moitié). Mais le plus souvent, cela implique également l'absorption de risques choisis par les bailleurs de fonds publics et d'autres fournisseurs de services (comme les assureurs).

En outre, les bailleurs de fonds publics justifient leur participation par leur impact - qui doit être évalué, souvent de façon indépendante (par ex., pour déterminer si un projet a, en effet, atténué la pauvreté ou a amélioré la résistance au changement climatique). Et, dans le cas particulier de l'agriculture, comme il est tellement important pour le succès du financement que les agriculteurs soient rentables, le soutien des ONG et d'autres intervenants qui peuvent aider à renforcer la productivité et les revenus des agriculteurs est souvent critique. La conférence se penchera sur ces différentes structures de soutien, où il subsiste des lacunes qui peuvent être résolues par une action des secteurs public et privé, et sur ce que la communauté internationale, les gouvernements et le secteur privé peuvent faire pour remédier à ces lacunes.