La construction d'une base d'actifs en milieu rural

Un nouveau rapport explique comment une collaboration peut créer un écosystème efficace pour le financement d'actifs et présente les succès déjà enregistrés par les modèles de financement mixte.

Une partie essentielle du développement agricole et rural consiste à donner aux agriculteurs et aux entreprises agricoles un accès à un plus grand nombre de biens immobilisés de meilleure qualité. En effet, la capacité des agriculteurs dans les pays développés à s'organiser en coopératives et à acheter conjointement des équipements à forte intensité capitalistique a joué un rôle important dans la croissance du secteur à la fin du 19e et au début du 20e siècle.  Dans les pays en développement, seule une majorité des agriculteurs se sont organisés en coopératives fortes.  Heureusement, il existe d'autres moyens de financer l'acquisition de nouveaux actifs.  Ceux-ci sont abordés dans un nouveau rapport (septembre 2016) rédigé par Enterprise Project Ventures, la Shell Foundation et la Small Foundation (Jack Luft et Tim Chambers, Moving the Needle: Critical Success Factors for Scaling Innovation in Asset Finance for Small and Growing Agribusinesses.

With case studies from Kenya, Guatemala and India. Ce rapport fait observer qu'il existe un déficit de financement considérable pour les petites entreprises en croissance, y compris celles qui sont actives dans l'agriculture ; « la racine du problème est que les prêteurs ont tendance à n'offrir qu'un menu limité de produits, principalement avec de fortes exigences en matière de garanties. » Il met en évidence trois facteurs critiques de succès : il faut que l'actif lui-même puisse faire office de garantie (ce que doivent permettre les marchés et les réglementations) ; les bailleurs de fonds devraient se concentrer sur les flux de trésorerie générés par les actifs ; et il faut des marchés stables et sûrs pour les produits fabriqués avec les actifs (ce qui implique, entre autres, des contrats plus sûrs et une utilisation plus large des mécanismes de la chaîne de valeur). Dans le même temps, il faut un écosystème qui permette aux entreprises technologiques, aux bailleurs de fonds et aux acteurs de la chaîne de valeur de collaborer. Le rapport fait remarquer que « surmonter les défis structurels qui limitent l'offre de financement d'actifs pour l'industrie agroalimentaire ne peut être l'œuvre d'acteurs individuels travaillant isolément les uns des autres ; il faudra une coordination et des efforts collectifs de la part des acteurs clés de cet écosystème. » Le rapport décrit une série de mécanismes novateurs dans les trois pays - pour la plupart des exemples de financement mixte - qui ont démontré leur efficacité, et fait valoir que le moment est venu de généraliser ces modèles.

Lamon Rutten,
Directeur de programme,
Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA)